Ce site est conçu pour les fureteurs compatibles avec les normes web. Il demeure tout de même fonctionnel avec les autres fureteurs.

Accéder au contenu

Les violations des droits de la personne en Iran

Interpellation—Ajournement du débat

L'honorable A. Raynell Andreychuk : Honorables sénateurs, j'interviens également aujourd'hui pour attirer votre attention sur le sort de trois journalistes kurdes emprisonnés en Iran : Mohammad Sadiq Kaboudvand, Kamal Sharifi et Adnan Hassanpour.

Mohammad Sadiq Kaboudvand fut arrêté en 2007 et condamné à une peine d'emprisonnement de neuf ans et dix mois dans la tristement célèbre prison d'Evin. Fondateur de la Kurdistan Human Rights Organization et éditeur d'un hebdomadaire intitulé Payam-e Mardom — le message du peuple — il fut accusé d'« atteinte à la sécurité nationale », de « propagande », d'« opposition aux lois pénales islamiques » et de « défense des intérêts de prisonniers politiques ». Adnan Hassanpour fut lui aussi arrêté en 2007 et accusé d'infractions similaires. La peine de mort qu'il se vit imposer à l'origine fut réduite à une peine de prison de 15 ans à purger dans la prison centrale de Zahedan.

Enfin, Kamal Sharifi a été arrêté par les autorités iraniennes en 1989, accusé d'appartenance aux groupes d'opposition kurdes. Il purge une peine de prison de 30 ans dans la prison de Minab.

Ces journalistes signalent des traitements cruels et dégradants, la torture et de longues périodes d'isolement cellulaire. On rapporte qu'ils sont privés de soins médicaux adéquats et qu'on leur refuse la permission de sortir.

L'Iran se classe au 169e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de 2016, ce qui explique les actes perpétrés encore aujourd'hui contre les journalistes et défenseurs des droits de la personne dans ce pays.

Également sous les verrous, les personnes appartenant aux minorités religieuses et ethniques sont les plus persécutées, et pas seulement en prison. Je tiens à souligner une fois de plus la communauté baha'ie, l'une des communautés religieuses les plus opprimées d'Iran, dont la foi n'est toujours pas reconnue par la Constitution iranienne.

De nombreux dirigeants de la communauté baha'ie ont été arrêtés, accusés d'« atteinte à la sécurité nationale ».

Honorables sénateurs, il est du devoir du Canada d'insister pour que l'Iran tienne ses engagements à l'égard de la liberté de pensée et d'expression issue du droit international en matière de droits de la personne. J'exhorte tous les sénateurs à se joindre à la condamnation de la persécution systématique des minorités religieuses et ethniques et à demander la libération immédiate des journalistes et militants injustement emprisonnés en Iran.

Je tiens à remercier la sénatrice Frum d'avoir traduit en des termes concrets les statistiques qui nous proviennent souvent de l'Iran. Cette interpellation qui est lancée tous les ans au Sénat est une façon importante de montrer au peuple iranien que nous l'accompagnons dans sa lutte et que nous continuons à exiger de l'Iran qu'il adhère aux normes internationales en matière de droits de la personne et qu'il respecte les droits de ses citoyens, faute de quoi il ne fera pas partie de la communauté internationale.