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Nadia Savtchenko, pilote ukrainienne purgeant une peine d'emprisonnement

Honorables sénateurs, je prends de nouveau la parole pour exprimer mon inquiétude concernant la récente condamnation de Nadia Savtchenko, pilote ukrainienne et prisonnière politique. Malgré des éléments de preuve non fondés, la lieutenante Savtchenko est emprisonnée illégalement en Russie depuis juin 2014. Elle a été accusée de complicité dans les meurtres de deux journalistes russes.

Le 22 mars 2016, la lieutenante Satvchenko a été reconnue coupable de toutes les accusations et a été condamnée à 22 ans d'emprisonnement. Sa peine d'emprisonnement est assortie d'une amende de 100 000 roubles.

La lieutenante Savtchenko compte parmi les nombreux prisonniers politiques gardés en captivité par le Kremlin. La détention est l'outil politique privilégié auquel recourt le gouvernement russe pour faire taire toute dissidence.

Dans une déclaration mise en ligne par ses avocats, Nadia Savtchenko a déclaré ce qui suit :

En cas de verdict de culpabilité, il n'y aura pas d'appel. Je veux que tout le monde démocratique civilisé comprenne que la Russie est un pays du tiers-monde doté d'un régime totalitaire et d'une dictature cinglée, où l'on fait fi des droits de la personne et du droit international.

La lieutenante Savtchenko demeure un symbole national de courage et de résistance. Son nom, « Nadia », signifie « espoir » en ukrainien. Elle siège in absentia comme députée au Parlement ukrainien et déléguée à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Le 3 mars 2016, lorsque les procureurs russes ont abruptement mis fin au procès et refusé à la lieutenante Savtchenko le droit de faire une dernière déclaration à la cour, elle a entamé une seconde grève de la faim, refusant eau et nourriture.

Dans une déclaration en ligne, la lieutenante Savtchenko a déclaré ceci :

Et, pendant qu'(ils) négocient ma tête, la vie me quittera et, dans tous les cas, la Russie me ramènera en Ukraine, morte ou vivante.

Dans le monde entier, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant les ambassades et les consulats russes, témoignant leur solidarité avec la lieutenante Savtchenko et le peuple ukrainien.

Aujourd'hui, je joins ma voix, comme tous les sénateurs, je l'espère, à celle de la communauté internationale pour condamner la détention illégale de la lieutenante Nadia Savtchenko. Son procès et sa condamnation subséquente illustrent l'absence intolérable d'une procédure régulière de la part du gouvernement russe.

Nous devons continuer de réclamer du gouvernement russe qu'il respecte les protocoles de Minsk et les principes des droits de la personne et de la primauté du droit et qu'il préserve l'impartialité du système judiciaire.

Je reprends à mon compte la déclaration suivante du directeur du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE, M. Michael Georg Link :

Vu l'état de santé de Savtchenko, sa libération lancerait un message humanitaire clair et stimulerait la confiance à l'égard du processus de paix visant à régler la crise qui sévit depuis deux ans dans la région de l'Ukraine.

Après la déclaration que le ministre Dion a faite le 8 mars 2016, j'implore tous les parlementaires canadiens à réclamer la libération immédiate de Nadia Savtchenko et de tous les autres prisonniers ukrainiens qui sont détenus illégalement en Russie.