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Le Sort Des Tatars De Crimée

L’honorable A. Raynell Andreychuk : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour

attirer votre attention sur la situation périlleuse des Tatars de Crimée.

 

Les Tatars sont des musulmans turcophones qui, depuis des siècles, peuplent la péninsule de Crimée.

En 1944, ils ont été expulsés de Crimée par suite des politiques de déportation massive adoptées par

Joseph Staline. Beaucoup y ont laissé leur vie.

 

La chute de l’Union soviétique a permis aux Tatars de retourner s’établir en Crimée. Depuis 1991,

les Tatars de Crimée possèdent leur propre assemblée exécutive, le Mejlis, qui représente leurs

intérêts et en fait la promotion. Quelque 260 000 Tatars vivent aujourd’hui en Crimée.

 

Plus tôt cette année, le Parlement de l’Ukraine a officiellement reconnu que les Tatars de Crimée

sont un peuple indigène de l’Ukraine et qu’ils ont droit à l’autodétermination au sein de l’Ukraine.

 

Cette liberté et cette autonomie sont aujourd’hui menacées.

La relation entre les Tatars de Crimée et la Russie est, depuis longtemps, tendue et difficile.

L’annexion illégale de la Crimée par la Russie en mars dernier a exposé les Tatars à de nouvelles

représailles et à la persécution. Peu après l’occupation illégale de la Crimée par la Russie, les Tatars

ont été enjoints d’abandonner leurs terres « à des fins sociales». Plusieurs dirigeants tatars ont été

bannis de la péninsule. Des activistes tatars ont été victimes d’attaques violentes et ont fait l’objet de

poursuites criminelles fallacieuses. Beaucoup de Tatars de Crimée ont été forcés de fuir la péninsule

de Crimée et beaucoup d’autres devront probablement leur emboîter le pas.

 

Une nouvelle vague de répression a déferlé la semaine dernière, à la suite des élections législatives

tenues le 14 septembre en Crimée. Le 16 septembre, des agents russes armés ont fait des descentes

dans des écoles et des institutions religieuses tatares ainsi que dans les domiciles de plusieurs

dirigeants tatars. Une descente a également eu lieu au Majlis des Tatars de Crimée, et ses membres

ont été sommés d’évacuer leur quartier général dans les 12 heures.

 

Le 18 septembre, l’intellectuel tatar de Crimée Nadir Bekir a été agressé par des hommes masqués,

qui lui ont volé son passeport et son téléphone cellulaire. On pense que cette agression visait

à empêcher M. Bekir d’assister à la Conférence mondiale sur les peuples autochtones des Nations

Unies, qui a lieu cette semaine à New York.

 

Le 19 septembre, la principale bibliothèque tatare de Crimée a été fermée, à Simferopol. Cette

fermeture donnait suite à une résolution du gouvernement russe visant à remplacer les bibliothè

ques de la péninsule par des entités relevant de l’État russe. De la littérature tatare figurant dans une

liste d’ouvrages interdits par la loi russe a ésaisie.

 

Le secrétaire général adjoint aux droits de l’homme des Nations Unies, Ivan Šimonovic, a dit

s’inquiéter du sort de la communauté tatare. En avril, il a souligné, devant le Conseil de sécurité des

Nations Unies, que les autorités de Crimée avaient l’obligation de veiller au respect des normes

internationales en matière de droits de la personne.

 

J’exhorte tous les sénateurs à se joindre à moi pour témoigner leur solidarité envers la communauté

tatare de Crimée et défendre son droit d’exister à l’abri de toute persécution à caractère politique.