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L'étude sur la situation économique et politique dans la République turque

Deuxième rapport du Comité des affaires étrangères et du commerce international—Suite du débat

L'ordre du jour appelle :

Reprise du débat sur la motion de l'honorable sénatrice Fortin-Duplessis, appuyée par l'honorable sénatrice Unger, tendant à l'adoption du deuxième rapport du Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international, intitulé Jeter des ponts : les liens entre le Canada et la Turquie et leur potentiel, déposé au Sénat le 28 novembre 2013.

L'honorable A. Raynell Andreychuk : Honorables sénateurs, j'interviens au sujet du rapport du Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international, intitulé Jeter des ponts : les liens entre le Canada et la Turquie et leur potentiel.

Le rapport a d'abord été présenté en juin, mais comme le Parlement se préparait à s'ajourner pour l'été, certains sénateurs n'ont pas eu l'occasion de prendre la parole à son sujet. C'est pourquoi le comité a accepté de le déposer de nouveau au cours de cette session-ci.

Je remercie d'ailleurs la sénatrice Fortin-Duplessis de son état des lieux détaillé sur les relations entre le Canada et la Turquie au fil du temps. Elle nous a donné une idée du vaste potentiel que réservent la redéfinition et le resserrement de ces relations.

Même si j'ai prononcé un long discours sur le rapport, en juin, je tiens à dire quelques mots sur certaines réalisations récentes qui en découleraient.

La principale recommandation du rapport veut que le gouvernement du Canada maintienne un engagement constant à l'égard des plus hautes instances politiques du gouvernement de la République turque, car, de l'avis du comité, c'est :

[...] essentiel [...] pour renforcer la relation entre le Canada et la Turquie, améliorer la visibilité du Canada et aider les entreprises canadiennes à réussir en Turquie.

Si cette recommandation figure en tête de notre rapport, c'est parce que l'engagement politique doit sous-tendre toutes les initiatives favorisant une relation commerciale étroite entre le Canada et la République turque.

Comme beaucoup de sénateurs le savent, le ministre du Commerce international s'est rendu en Turquie en août et y a été suivi par le ministre des Affaires étrangères en septembre. Pendant son séjour, le ministre Baird s'est entretenu avec le président et le ministre des Affaires étrangères de la Turquie. Ils ont discuté de questions liées à la sécurité régionale et du long partenariat du Canada avec la Turquie au sein de l'OTAN.

Le ministre Baird a également annoncé que le Canada rehausserait le statut de sa mission à Istanbul, le faisant passer de consulat à consulat général.

Pour sa part, le ministre Fast a eu un entretien avec le ministre turc de l'Économie ainsi qu'avec des fonctionnaires et des chefs de file du monde des affaires. Il a annoncé un certain nombre d'initiatives qui s'inscrivent directement dans l'esprit des recommandations formulées dans le rapport de notre comité. Elles comprennent le lancement de discussions exploratoires visant la conclusion d'un accord de libre-échange Canada-Turquie, la création d'un comité mixte sur l'économie et le commerce, la discussion des possibilités d'expansion des services de transport aérien et l'engagement à renforcer les échanges dans les domaines de l'éducation et de la technologie.

Après la visite du ministre, son cabinet m'a informé que le rapport de notre comité a été mis en évidence à plusieurs reprises par les fonctionnaires et les dirigeants du monde des affaires de la Turquie, comme plan possible de renforcement des relations Canada- Turquie.

Je voudrais enfin attirer l'attention des sénateurs sur la recommandation de notre comité invitant le gouvernement du Canada à désigner la Turquie comme priorité commerciale stratégique.

Comme beaucoup de sénateurs le savent, le gouvernement a publié en novembre son nouveau Plan d'action sur les marchés mondiaux. Le plan a pour objet de concentrer les efforts du gouvernement sur les marchés étrangers clés qui offrent le plus de perspectives aux entreprises canadiennes. Il désigne la Turquie comme marché émergent cible où le Canada a des intérêts généraux.

Bien entendu, notre comité ne peut pas s'attribuer le mérite de cette désignation, mais je crois qu'il serait juste de dire qu'il a suscité un renouveau d'intérêt pour la Turquie dans le cadre des relations commerciales du Canada à l'étranger.

Il faut notamment retenir du rapport du comité qu'il n'est pas trop tard pour que le Canada intensifie ses relations avec la Turquie et que :

[...] les priorités stratégiques et les forces commerciales du Canada coïncident avec la politique étrangère et les objectifs commerciaux de la Turquie, ainsi qu'avec ses besoins au chapitre des marchandises et des importations.

Nous avons pu constater dans les mois qui ont suivi le dépôt du rapport que le gouvernement a compris le message et que les ministres y ont donné suite; d'ailleurs, si l'on veut que les relations Canada-Turquie atteignent leur plein potentiel, il essentiel que les ministres continuent de faire leur part. Je pense parler au nom de tous les membres du comité en affirmant espérer que notre rapport puisse leur servir de guide.

Étant donné ce que j'ai entendu aujourd'hui et vu ce qui est ressorti d'une réunion entre des membres du comité et une délégation de la Turquie, je crois que notre rapport s'est révélé très utile à la Turquie, qui s'en est inspirée pour nourrir sa position ainsi que son dialogue avec le Canada.

Quiconque cherche à jauger toute l'importance et l'influence des travaux des comités devrait examiner le rapport Canada-Turquie. Le rapport n'a pas fait les manchettes, mais ce n'était pas notre objectif. Nous souhaitions plutôt modifier la politique étrangère, et je crois que nous avons joué un rôle de premier plan à cet égard. Voilà la valeur de notre institution et de ses comités, et j'espère que les médias s'en rendront compte alors même qu'ils essaient d'en savoir davantage sur le Sénat.

Je demande donc d'amender la motion que la sénatrice Fortin- Duplessis a très gentiment présentée. Elle a proposé dans sa motion que le rapport soit adopté, mais j'aimerais l'amender pour que le gouvernement soit tenu de nous fournir une réponse en bonne et due forme. J'espère que les sénateurs accepteront l'amendement à l'unanimité.